Menu

Comment le service de police du comté de Prince William tire parti de l’investigation numérique dans les affaires d’exploitation d’enfants, pour une justice plus rapide


La réalité dresse un tableau sombre de l’exploitation des enfants aux États-Unis. Selon le Réseau national de lutte contre le viol, l’abus et l’inceste (RAINN), 1 fille sur 9 et 1 garçon sur 20 de moins de 18 ans ont été victimes de formes d’abus ou d’agressions sexuelles. Une fois alertés, ces cas peuvent entraîner les forces de l’ordre dans un tunnel sombre, avec d’autres victimes et plus de contenu pédopornographique.

En raison de l’omniprésence des appareils numériques, accéder aux smartphones, ordinateurs voire au système d’info-divertissement du véhicule du suspect peut aider les forces de l’ordre à débloquer une mine d’information dans ces affaires – des preuves potentielles qui corroborent le témoignage du suspect et identifient les victimes et les complicités éventuelles.

C’est ce qui s’est passé pour le service de police du comté de Prince William, lorsqu’ils ont reçu ce qui semblait être une saisine de routine de leur unité spéciale pour les victimes. Cette saisine allait finalement entrainer l’intervention de l’ICAC et l’unité d’investigation numérique du bureau.

La crise des écoles maternelles

Helga Thorsdottir, Police Detective – Prince William County Police Department Source: Cellebrite
Helga Thorsdottir, Police Detective – Prince William County Police Department Source: Cellebrite

Enquêtrice dans la police, Helga Thorsdottir se souvient : « J’ai d’abord reçu un appel téléphonique alors que j’étais sur le terrain pour une autre affaire. L’appel provenait des Services de protection de l’enfance au sujet d’une enfant de quatre ans ayant révélé que son maître l’avait chatouillée », a-t-elle expliqué.

« Nous avons auditionné l’enfant qui a confirmé que son enseignant la touchait de façon inappropriée. »

Le suspect a été interrogé et, dans l’intervalle, nous avons obtenu un mandat pour saisir son téléphone. En collaboration avec un groupe de travail ICAC qui disposait des solutions Cellebrite, ils ont réussi à accéder à un contenu incriminant qui a rapidement conduit à un mandat de perquisition du domicile du suspect.

Des appareils allant des ordinateurs aux smartwatches ont été saisis dans la maison du suspect, qui ont tous atterri sur la table du laboratoire d’investigation numérique du comté dirigé par le sergent Ryan Whaley, qui supervise le laboratoire depuis 2014.

Le laboratoire

Conçu au début des années 2000, le laboratoire d’investigation numérique du comté de Prince William est issu de l’unité des crimes contre les biens, lorsque l’un de leurs enquêteurs a eu la chance de recevoir une formation gratuite sur l’investigation informatique.

Le laboratoire a été officiellement créé en 2008 avec un superviseur et deux enquêteurs formés. Au fil des ans, l’unité a évolué, de même que son personnel et sa technologie, qui comprend désormais des outils d’extraction et de décodage avancés.

Dans le « terrier du lapin »

Katie Zaimis, Master Detective for the Digital Forensics Lab – Prince William County Police Department – Source: Cellebrite

« La plupart des appareils sont passés par notre laboratoire à un moment donné. Trois ordinateurs, des téléphones portables et quelques disques durs », a déclaré Katherine « Katie » Zaimis, enquêtrice principale du laboratoire d’investigation numérique.

Collectivement, ils ont réussi à extraire du contenu qui correspondait à de la pornographie juvénile et à de l’exploitation sexuelle d’enfants. Les données ont également permis d’identifier d’autres victimes, et « il est devenu évident qu’il utilisait également sa montre connectée sur une aire de jeu pour prendre les enfants en photo », a ajouté l’enquêtrice Helga.

Le suspect a enfin signé des aveux complets et a été mis en examen.

Lorsque l’affaire a été rendue publique, d’autres victimes se sont manifestées et les preuves numériques – en plus de corroborer les aveux du suspect – ont également pu corroborer ces témoignages individuels. « Pour les victimes dans cette affaire où les familles apprennent que toutes ces choses-là se sont produites. Nous avons réussi à valider les plaintes [grâce aux preuves numériques] », a déclaré l’enquêtrice. Helga.

Les affaires de ce type ne sont pas des cas isolés pour la police du comté de Prince William, le laboratoire a examiné plus de 300 appareils rien que l’année dernière et a enquêté sur des grandes affaires médiatisées, ce qui a permis d’accélérer les procédures judiciaires.

Au cours de la décennie qui a suivi sa création, ils ont tiré quelques leçons précieuses :

La collaboration est essentielle

« Je pense que la collaboration est vraiment importante, pas seulement du point de vue technologique. Nous avons des gens qui viennent dans notre laboratoire pour nous demander de travailler pour eux parce que, par exemple, il leur manque un outil spécifique que nous avons, et vice versa. C’est pourquoi le networking dans notre domaine est extrêmement important. Et, si vous aidez quelqu’un d’autre, il est plus susceptible de vous aider lorsque vous en avez besoin », a déclaré l’enquêtrice. Zaimis.

Prince William County Police Department – Source: Cellebrite

La formation génère de meilleurs résultats

L’enquêteur Zaimis s’est empressé d’insister sur ce point crucial. « Dans notre domaine, la formation est extrêmement importante. Il faut être au courant de tout. La situation d’aujourd’hui ne sera peut-être pas celle de la semaine prochaine. Donc, si nous ne changeons rien, si nous ne nous formons pas et que nous ne mettons pas à jour nos méthodes de travail et d’enquête, alors nous commencerons à tourner en rond et n’aboutirons à rien. »

Vieux singe, nouvelles grimaces

Comme le dit le sergent Whaley, « selon la philosophie de notre service, nous formons d’autres enquêteurs qui deviennent ensuite des enquêteurs numériques à temps partiel. L’année dernière, il y avait en moyenne trois enquêteurs certifiés Cellebrite qui savaient traiter les téléphones pour leur unité. »

Cela ajoute à la capacité du laboratoire, améliore l’aptitude du service de police du comté de Prince William à traiter les preuves numériques, réduit ainsi les retards et les goulots d’étranglement.

Conclusion

Le rôle central joué par le service de police du comté de Prince William dans la lutte contre l’exploitation des enfants ne saurait être sous-estimé. Leur utilisation avisée de solutions d’investigation numérique a permis de démêler des affaires complexes, d’identifier les victimes et de poursuivre avec succès les auteurs de ces crimes.

Grâce à des efforts de collaboration, à une formation continue et à l’adoption de technologies de pointe telles que les solutions Cellebrite, ils ont renforcé leur capacité à traiter rapidement les preuves numériques et à fournir un soutien pour les enquêtes de haut niveau.

Avec plus d’une décennie de dévouement, leur quête incessante de justice donne un exemple puissant, renforçant l’importance de travailler ensemble pour protéger les personnes vulnérables.

Une version de cet article a été initialement publiée sur le blog Cellebrite :https://cellebrite.com/en/how-prince-william-county-police-department-leverages-digital-forensics-in-child-exploitation-cases-to-serve-swift-justice/  

Enquêtes sur les atteintes aux mineurs : principaux défis et solutions dans les opérations

A l’ère numérique, l’exploitation des enfants a atteint des niveaux sans précédent, exigeant des solutions innovantes de la part des services de police et de justice du monde entier. Les statistiques stupéfiantes du Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) révèlent l’ampleur du défi : près de 32 millions de signalements rien qu’en 2022.

Ces signalements concernent de très nombreuses infractions, de la création et de la transmission de contenus pédopornographiques à l’incitation en ligne, au trafic et aux agressions. L’ampleur du problème nécessite une approche collective et technologiquement avancée.

Cependant, la lutte contre la pédo-criminalité en ligne (en anglais « Internet Crimes Against Children » ou ICAC) est parsemée d’embûches, avec une charge de travail écrasante et une évolution constante des tactiques numériques employées par les criminels.

 

Les obstacles pour les agents chargés des atteintes aux mineurs à l’ère numérique

La brigade des mineurs du service de police de Seattle donne un aperçu des complexités opérationnelles. Service spécialisé et chef de file pour l’État de Washington, ses agents filtrent les saisines de CyberTip, traitent les demandes d’assistance aux forces de l’ordre externes et gèrent les requêtes d’entités étrangères. Parmi les défis auxquels ils sont confrontés, mentionnons :

  1. Une surcharge de travail et d’appareils

Les unités de lutte contre les atteintes aux mineurs sur internet sont confrontées à des charges de travail écrasantes en raison d’une augmentation considérable des saisines mensuelles. En 2020, l’équipe du Seattle PD a connu une forte augmentation du nombre de saisines, en moyenne entre 425 à 450 par mois, soit une augmentation inquiétante de 240 % par rapport à 2014. Les agents devaient délivrer également des mandats de perquisition pour parfois jusqu’à 50 appareils technologiques à la fois, car les auteurs utilisent de nombreux appareils pour leur activité criminelle.

Cette hausse soudaine a mis les enquêteurs à rude épreuve, empêchant une gestion et une planification efficaces.

  1. Des auteurs technophiles

Les exploiteurs d’enfants se sont adaptés au progrès technologique, en utilisant des plateformes du darkweb, des technologies peer-to-peer, les anonymiseurs d’adresses IP et des proxys.

« Il s’agit là de tout un monde de solutions auxquelles les suspects ont accès pour tenter de masquer leurs activités. Ils s’en servaient beaucoup moins il y a dix ans, mais c’est aujourd’hui devenu monnaie courante », explique l’enquêteur Ian Polhemus du Seattle PD.

Cette course à la technologie complique encore les enquêtes, exigeant une adaptation constante de la part des forces de l’ordre.

  1. Des contraintes de temps

Dans les dossiers d’exploitation d’enfants, le facteur temps est essentiel. Comme l’a souligné le capitaine Edwards du Seattle PD, « Le temps joue contre nous. Tout ce qui augmente ce profil de temps nous complique considérablement la vie. »

La nature complexe des enquêtes modernes, associée à des facteurs tels que le chiffrement et le stockage à l’étranger, allonge le profil de temps, rendant difficiles les interventions opportunes.

  1. Pression sur le personnel et incertitude de financement

Les taux élevés de rotation chez les enquêteurs, attribués à la nature émotionnellement difficile du travail et aux incertitudes de financement, font peser une menace sérieuse sur la viabilité des brigades de luttes contre les atteintes aux mineurs en ligne. Le discours sur le « définancement » ajoute une couche d’incertitude à la disponibilité du personnel et des ressources.

 

L’intelligence numérique à l’œuvre

En dépit de ces redoutables défis, la technologie est devenue un outil précieux permettant aux unités spécialisées de les surmonter. À mesure que la technologie progresse, les agents doivent avoir les formations et les outils appropriés pour venir en aide aux enfants en difficulté et développer rapidement des informations exploitables.

« Être capable d’identifier les technologies et les formations qui fonctionneront et plairont à un groupe diversifié [est essentiel] », explique le capitaine Edwards.

Le maintien de la chaîne de traçabilité est essentiel lors des enquêtes numériques. L’utilisation de systèmes de gestion des preuves numériques (DEMS) reliés à un système de gestion des dossiers présente un avantage incontestable. En déployant ces DEMS, les services de police peuvent protéger et gérer les preuves à toutes les étapes d’une affaire.

De plus, les solutions d’analyse basées sur l’IA jouent un rôle primordial dans la gestion du volume écrasant de données. Ces outils passent efficacement au crible de gros volumes de données, fournissant rapidement aux enquêteurs des informations essentielles. Cela accélère le processus d’enquête et réduit la charge de travail d’un personnel déjà sous pression.

Les solutions modernes d’intelligence numérique permettent le partage autorisé des informations entre les services et au niveau international. Cette approche collaborative est essentielle pour traiter des dossiers complexes impliquant souvent des auteurs opérant dans différentes juridictions. Bien que les solutions d’intelligence numérique nécessitent toujours de l’humain pour les enquêtes, elles permettent de gagner du temps et d’offrir une tranquillité d’esprit à des services à court de ressources.

 

Conclusion

La lutte contre l’exploitation des enfants exige une approche multidimensionnelle, mêlant progrès technologique, financement suffisant et formation continue. Cette approche stratégique permet aux forces de l’ordre de lutter efficacement contre l’exploitation des enfants dans le paysage complexe de l’Internet.

Alors que la société est aux prises avec la complexité inhérente à l’ère numérique, un engagement commun est primordial, assurant un avenir plus sûr pour nos enfants dans l’univers digital.

Les nouvelles technologies permettent de réduire le traumatisme subi par les enquêteurs chargés des affaires d’atteintes sur mineurs.

Les enfants sont parmi les personnes les plus vulnérables de notre société. Tragiquement, cela signifie aussi qu’ils sont victimes de certains des crimes les plus cruels et les plus violents.

Les forces de l’ordre se consacrent au travail courageux mais douloureux d’enquêter sur ces dossiers – mais le prix est souvent lourd sur le plan psychologique. Les nouvelles technologies pourraient permettre de réduire le nombre croissant de cas de traumatisme qui apparaissent dans la communauté des enquêteurs.

Cela arrive bien trop souvent. Une autre fait divers, une autre disparition. Un autre couple de parents doit faire face à la douleur inimaginable de la perte de leur enfant. Chaque jour, des enfants du monde entier sont victimes de trafic sexuel, d’enlèvements et d’abus, et c’est une « épidémie » qui ne montre aucun signe de ralentissement. En 2022, la CyberTipline du Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) a reçu plus de 32 millions de signalements de soupçons d’exploitation sexuelle d’enfants.

À mesure que la technologie progresse, les crimes contre les enfants sont de plus en plus documentés en ligne. De nombreux prédateurs mettent en confiance leurs victimes grâce à l’utilisation de smartphones, d’applications et de chatrooms. Ils peuvent visiter des sites pornographiques ou solliciter des actes sexuels sur le Dark Web. Cela implique que les délinquants laissent une piste numérique.

Il n’est donc pas surprenant que la plupart (88 %) des responsables de services de police interrogés affirment que les preuves numériques augmentent considérablement la résolution des affaires. En outre, l’accès aux preuves numériques contribue à améliorer le taux de clôture des affaires, à raccourcir les cycles d’enquête et à renforcer le soutien des parquets.

Mais l’analyse de ces preuves numériques a souvent un coût psychologique lourd.

L’impact psychologique sur les enquêteurs

Au cours d’une enquête, un agent peut avoir à visionner des centaines, voire des milliers d’images et de vidéos d’abus infligés à des enfants. Souvent, ces documents doivent être consultés à plusieurs reprises pour cartographier les preuves et identifier les victimes ou les auteurs. Les détails spécifiques des meubles, des arrière-plans, des vêtements, des visages ou des parties du corps peuvent devoir être identifiés et consignés manuellement. Le Programme d’identification des enfants victimes du NCMEC à lui seul a examiné plus de 322 millions d’images et de vidéos d’abus présumés.

Bien qu’il s’agisse d’un travail essentiel, il est impossible d’oublier ces images et vidéos. La visualisation de tels contenus peut avoir un impact psychologique durable sur les forces de l’ordre. Des études ont montré que ce travail peut entraîner un stress traumatique secondaire (STS), un épuisement professionnel et une usure de la compassion. Il peut également déclencher des effets secondaires psychologiques, notamment la dépression, l’anxiété et l’insomnie.

Dans une étude, 36 % des policiers ont signalé des niveaux modérés àélevés de traumatisme secondaire dû à l’exposition à des images dérangeantes. Une autre étude a révélé ceux qui enquêtent sur les crimes contre les enfants et qui ont des pensées involontaires sur les victimes ou leurs affaires en dehors des heures de travail sont plus susceptibles d’utiliser l’alcool comme mécanisme d’adaptation.6

Réduire les préjudices émotionnels grâce à la technologie

En développant des compétences en matière d’investigation numérique et en tirant parti de capacités telles que l’intelligence artificielle (IA) et les algorithmes d’apprentissage automatique, les enquêteurs peuvent rationaliser les opérations de collecte, d’analyse et de production de rapports. À vrai dire, il existe des outils d’analyse pour les enquêtes qui peuvent ingérer des données numériques provenant de diverses sources en ligne et d’appareils mobiles, et aider les enquêteurs à filtrer et analyser les contenus à l’aide d’algorithmes pilotés par l’IA.

Ces outils peuvent réduire l’impact psychologique sur les enquêteurs en repérant des visages, des objets, des lieux et des thèmes similaires dans les médias analysés, et en les classant selon les exigences des dossiers. Cela peut réduire le nombre d’images et de vidéos que les enquêteurs doivent examiner manuellement, et le nombre de fois qu’ils doivent les visionner, réduisant potentiellement le risque de traumatisme secondaire.

La technologie peut également améliorer l’efficacité globale des enquêtes. Les solutions qui utilisent des algorithmes basés sur l’IA peuvent cartographier les preuves et établir des liens entre les auteurs et les victimes plus rapidement qu’un enquêteur humain. Bien que la participation humaine soit encore nécessaire, cela peut considérablement accélérer le temps nécessaire pour localiser et secourir les victimes. Les fonctionnalités de reporting et l’intégration simple aux bases de hash peuvent également aider les services à collaborer et à traduire les criminels en justice plus rapidement.

Ceux qui enquêtent sur ces crimes accomplissent une partie du travail le plus important au monde : ils aident à neutraliser les réseaux de maltraitance des enfants, à secourir les victimes, à poursuivre les délinquants et à réunir les enfants disparus et leur famille. Mais la société considère rarement l’impact émotionnel que ce travail peut avoir sur les enquêteurs. Il est essentiel que nous tirions parti de toutes les solutions d’enquête numériques à notre disposition pour les aider à mener à bien un travail qui sauve des vies.

La technologie avancée de machine learning peut aider les forces de l’ordre à bâtir des dossiers plus solides

Malgré tous leurs avantages, les appareils et réseaux connectés en permanence ont créé des canaux permettant aux prédateurs d’exploiter des enfants et de diffuser du matériel explicite. Presque chaque semaine, les médias annoncent des faits tragiques d’exploitation sexuelle et d’abus sur mineurs.

Le nombre de photos et de vidéos saisies et examinées chaque année est stupéfiant. En 2022, le site d’information du Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) a reçu 32 059 029 signalements. Le NCMEC a analysé 88,3 millions d’images, de vidéos et autres fichiers liés à des cas d’exploitation sexuelle et d’abus sur mineurs – un nombre qui a augmenté et continue de croître de façon exponentielle chaque année, mettant au défi les forces de l’ordre partout dans le monde.

« Quand j’ai commencé dans ce métier, la majorité des appareils que nous saisissions étaient des ordinateurs de bureau et des ordinateurs portables », confie Randy Kyburz, expert analyste en forensique numérique au service de lutte contre l’exploitation des mineurs sur internet de la police de Seattle.

« Quand nous avions des téléphones portables à examiner, ils étaient majoritairement « basiques » . Il y a des années, sur une scène de crime on en retrouvait peut-être un de chaque. Aujourd’hui, nous collectons souvent plus de 30 appareils, et les smartphones représentent environ 40 % du total des appareils récupérés. »

Les méthodes de travail traditionnelles en investigation numérique, combinées aux recommandations en matière pénale et au nombre de délinquants ont créé une situation dans laquelle les mineurs victimes ne sont souvent ni détectés ni découverts, et les atteintes commises ne font jamais l’objet d’une enquête. Certains prédateurs continuent ainsi à abuser, en toute impunité, de certains mineurs.

Un appel urgent et international à faire son devoir

Nous vivons désormais dans un monde entièrement connecté où les délinquants peuvent entrer en contact de manière quasi illimitée avec des mineurs vulnérables. La technologie disponible aujourd’hui peut permettre à une seule personne de faciliter l’exploitation d’enfants à grande échelle.

Par exemple, Eric Marques a tiré parti de l’anonymat du Dark Web pour exploiter un service d’hébergement sur Tor avec 200 sites auxquels ont eu accès des centaines de milliers de délinquants dans le monde, sites proposant des millions d’images pédopornographiques, y compris des images de nourrissons et de tout-petits. L’enquête qui a conduit à son arrestation a impliqué 70 policiers de plus d’une douzaine de pays.

Lorsque des dizaines de milliers d’images à caractère pédopornographique sont saisies par les forces de l’ordre, la majeure partie de ces photos ou vidéos sont destinées à être laissées sur les appareils, dans le cloud ou dans des scellés. Il y a grand besoin d’avoir un moyen fiable d’extraire, d’analyser et d’identifier des victimes, connues ou non. Il est donc essentiel pour les forces de l’ordre d’adopter des technologies qui leur permettent de déverrouiller, d’accéder et d’analyser les données rapidement et de manière défendable devant un tribunal.

Optimisation des ressources et des procédures

L’objectif demeure inchangé. Nous devons identifier et sauver les enfants victimes, rapidement.

Les algorithmes uniques de machine learning permettent aux services de police d’accéder plus rapidement aux preuves. La puissance d’une solution Analytics intelligente réside dans sa capacité à corréler et à analyser les données exploitables de tout type de source. Elle apporte également une assistance aux enquêteurs qui ne savent peut-être pas ce qu’ils recherchent en leur donnant accès aux conversations des suspects, aux langues qu’ils parlent, aux endroits qu’ils fréquentent, etc.

Imaginez une solution capable de fournir à la fois des capacités essentielles d’extraction et d’analyse sur place et des analyses approfondies en laboratoire. Une solution avancée alimentée par l’IA permettra :

D’accéder plus rapidement aux preuves grâce à nos algorithmes avancés de machine learning

La catégorisation d’images obtenues à l’aide d’algorithmes de machine learning en réseaux neuronaux vous permet d’identifier automatiquement les images et les vidéos à caractère pédopornographique obtenues grâce à des opérations forensiques.

De filtrer, classer et exporter de nouvelles données multimédia.

Les enquêteurs peuvent filtrer les images en fonction de la recherche (visage, nudité, pédopornographie, armes ou drogues) pour ne conserver que celles qui correspondent à certains critères de recherche. Les données peuvent ensuite être rapidement étiquetées, catégorisées et intégrées dans différentes bases de données.

D’identifier rapidement et de comparer les victimes grâce à la détection de visages

Nos algorithmes détectent automatiquement les visages de n’importe quelle image ou vidéo extraite par le système. Les enquêteurs peuvent ainsi comparer immédiatement et précisément chaque visage. Plusieurs images de la même victime peuvent ainsi être identifiées.

D’analyser les conversations pour identifier d’éventuelles ruses ou abus

Le traitement du langage va au-delà du Regex et des simples listes de surveillances. Il permet de découvrir des noms, des adresses, des lieux, etc., à partir d’e-mails, de sites web, de SMS ou même d’images contenant du texte (à l’aide de l’OCR), dans plusieurs langues.

D’exploiter les données publiques du cloud pour corréler les preuves

Visualisez et analysez dans un format unifié les données publiques des réseaux sociaux et des plateformes cloud supportées pour identifier certains comportements, certaines connexions communes et corréler les preuves essentielles afin de bâtir des dossiers plus solides.

D’intégrer des bases de données, notamment de Projet VIC, CAID, etc.

L’existence d’images incriminantes est automatiquement identifiée grâce à une analyse exhaustive de vos images, puis classifiée à l’aide de catégories de gravité prédéfinies. Les images découvertes alors qu’elles étaient précédemment inconnues peuvent également être catégorisées, étiquetées et exportées facilement dans les bases de données de projet VIC et de CAID.

Un combat collectif et collaboratif pour servir et protéger les innocents

La prévention de l’exploitation des mineurs requiert un travail collaboratif, des informations en temps réel et un engagement continu pour identifier rapidement chaque victime, arrêter les criminels et supprimer les contenus qu’ils produisent et partagent en ligne. Les risques ne font que croître, car de plus en plus d’enfants utilisent des appareils mobiles (téléphones ou tablettes) à un âge précoce.

En raison de la quantité de données créées, il y a également une énorme migration vers des applications mobiles sur le cloud. « Aujourd’hui, les preuves ne se trouvent peut-être pas dans le pays où vous vivez. Il est donc extrêmement important de conserver les preuves et le contenu généré par l’utilisateur sur les téléphones », déclare Arnold Guerin, policier et spécialiste de la technologie au Centre de police canadien pour les enfants disparus et exploités, géré par la Gendarmerie royale du Canada.

« C’est un scénario imparfait qui peut mener à des circonstances tragiques. Trouver de nouvelles victimes est une priorité. La police et de nombreux partenaires nous ont permis à tous de faire des progrès significatifs dans ce domaine. »

Ce qu’ont en commun les services de police et l’écosystème grandissant de fournisseurs de technologies dans le monde, c’est un objectif : identifier et protéger les enfants victimes.

« On me demande souvent quelles sont mes motivations pour faire un tel travail », nous dit M. Guerin. « Je réponds que c‘est la mission qui rend la motivation claire. Je pense que j’ai le meilleur travail au monde – retrouver et sauver des enfants – simplement parce que j’ai le pouvoir le faire. »

Richard Brown, coordonnateur du projet VIC pour les États-Unis et directeur de la National Association to Protect Children (Protect.org), partage cet avis.

« l’objectif du projet VIC est de briser les protections et les données propriétaires, et de créer un environnement dans lequel n’importe quel outil pourra être utilisé pour analyser les données produites à partir de n’importe quel autre outil de l’écosystème du project VIC. C’est le message que nous voulons adresser à l’ensemble des acteurs de ce domaine, dans le monde entier. Le projet VIC diffuse ce message par le biais de formations dans d’autres pays, en collaboration avec le Centre international pour les enfants disparus et exploités (ICMEC). »

Un objectif commun unit toutes les personnes engagées dans cette mission. Comme le rapporte l’ICMEC : un seul enfant abusé dans le monde, c’est un enfant de trop. ils méritent tous de grandir sans être enlevé, abusé sexuellement ou exploité. Nous nous engageons à bâtir un monde plus sûr pour nos enfants en rassemblant nos partenaires, en plaidant pour l’amélioration de leur protection et en fournissant les outils et la formation nécessaires à ceux qui sont en première ligne.

Plus d’information :

Le projet VIC fait partie d’une stratégie mondiale visant à développer et à mettre en œuvre des méthodes standardisées pour enquêter sur l’exploitation sexuelle des mineurs. Fruit d’une collaboration entre la National Association to Protect Children, les services de police, de justice et l’industrie, l’objectif est d’accroître le partage d’information entre les polices du monde entier, tout en identifiant plus rapidement un plus grand nombre de victimes. Le projet VIC y parvient en améliorant et en normalisant les ressources technologiques mises à la disposition des forces de l’ordre chargées d’analyser les images pédopornographiques.2

Le CAID, créé en 2013 par le Premier ministre britannique David Cameron, utilise les dernières technologies pour transformer la manière dont la police gère les images à caractère pédopornographique. Sont rassemblées toutes les images trouvées par la police et le NCA. Les forces de l’ordre accèdent et utilisent ensuite l’identifiant unique de l’image pour améliorer leurs opérations d’investigation et protéger les enfants.

Lutter contre l’augmentation de la pédopornographie dans un monde numérique en pleine évolution

La pandémie de COVID-19 et l’augmentation du temps passé devant les écrans ont fait bondir le nombre de signalements d’images pédopornographiques en 2022, à 31,9 millions soit une augmentation de 47 % par rapport à l’année précédente.

En conséquence, les parents sont confrontés à la tâche ardue d’assurer la sécurité de leurs enfants sur la Toile, où le passage vers des plateformes en ligne – si l’accès n’est pas contrôlé- les rend vulnérables aux menaces d’étrangers. En outre, les services de police et de justice ont du mal à suivre l’évolution rapide de la technologie tout en faisant face à des contraintes budgétaires et à des effectifs limités.

Le cas de Buster Hernandez, un criminel féru de technologie qui a utilisé l’extorsion sexuelle pour s’attaquer aux adolescents, nous rappelle de manière effrayante les dangers qui se cachent en ligne. Malgré ses méthodes sophistiquées, une collaboration entre les services de police et de justice, les réseaux sociaux et les fournisseurs de services Internet a permis la capture et la condamnation de Hernandez.

Cela met en évidence la nécessité d’une vigilance continue, de mesures législatives solides et de la hiérarchisation des ressources par les services de police et de justice. Cela rappelle la lutte permanente pour protéger les enfants de la menace insidieuse de l’exploitation en ligne.

Vous pouvez lire l’article complet publié dans Law Officer, écrit par Jared Barnhart, spécialiste en intelligence numérique de Cellebrite, ici.